Visiter la Péninsule de Reykjanes en Islande : les incontournables
On termine ce voyage en Islande, en février, avec la découverte de la péninsule de Reykjanes. Cette région est souvent la première région que l’on découvre en Islande, puisqu’elle abrite l’aéroport international de Keflavik. Pourtant, elle est encore trop souvent sous-estimée, éclipsée par des sites plus célèbres comme le Cercle d’Or.
Et c’est bien dommage, car la péninsule de Reykjanes offre un condensé spectaculaire de tout ce qui fait la magie de l’Islande. Ici, les paysages sont bruts, sauvages et profondément marqués par l’activité volcanique. La péninsule se situe à la jonction de deux plaques tectoniques majeures, la nord-américaine et l’eurasienne, ce qui en fait une zone géologique extrêmement active. Ainsi, champs de lave à perte de vue, fumerolles, sources chaudes et cratères volcaniques façonnent un décor presque lunaire. Et il faut avouer que l’on a vraiment été surpris et enthousiasmés.
Alors voici les arrêts à ne surtout pas manquer pour découvrir la péninsule de Reykjanes. Et retrouvez l’avis de Kiki qui a marché sur la lune, ah non pardon sur des champs de lave.
Où se situe la péninsule de Reykjanes ?
La péninsule de Reykjanes s’avance dans l’Océan Atlantique à l’extrémité sud-ouest de l’Islande. Elle forme cette « pointe » caractéristique qui semble pointer vers le Groenland. Géographiquement, elle est stratégiquement placée. En effet, elle abrite l’aéroport international de Keflavik, ce qui en fait la porte d’entrée principale du pays. Elle se trouve à seulement 45 minutes de route de la capitale, Reykjavik. Par ailleurs, elle borde la côte sud menant vers Selfoss et Vik.
Explorer la péninsule de Reykjanes : le guide des arrêts incontournables
Ainsi après la découverte de Vik et de ses alentours, nous sommes arrivés dans la péninsule de Reykjanes pour notre dernière étape en Islande.
Strandarkirkja : une église isolée au bord de l’océan
Nichée au bord de l’océan, cette petite église en bois se dresse face à une côte sauvage. Elle n’est pas seulement photogénique ; elle occupe une place spéciale dans le cœur des Islandais. En effet, on raconte qu’au XIIe siècle, des marins pris dans une tempête ont promis de construire une église là où ils toucheraient terre s’ils survivaient. Un ange leur serait apparu pour les guider à travers les récifs dangereux jusqu’à cette baie. À cause de cette légende, Strandarkirkja est devenue l’église la plus riche d’Islande (en termes de dons). Beaucoup d’Islandais y envoient de l’argent lorsqu’ils ont besoin d’un petit coup de pouce du destin ou qu’ils font un vœu.

Derrière l’église, vous trouverez une statue de l’ange de la légende. Et une vue imprenable sur les vagues qui s’écrasent sur le rivage.


Il n’y a strictement rien aux alentours, ce qui rend cet endroit vraiment étrange.
Le champ de lave d’Ögmundarhraun : bienvenue sur la lune
Si vous cherchez un paysage qui ressemble à une autre planète, c’est ici qu’il faut s’arrêter. Ce champ de lave date du XIIe siècle et s’est déversé depuis les cratères voisins jusque dans l’océan. Contrairement aux zones géothermiques qui sont bruyantes et odorantes, Ögmundarhraun est un lieu de silence minéral.


C’est aussi un excellent exemple pour montrer la dualité de l’Islande : la violence du feu volcanique et la douceur de la mousse qui finit par tout recouvrir. C’est en tout cas, un arrêt photo incontournable !
L’expérience Nátthagi : au plus près des coulées de lave
Faire la petite randonnée qui mène au pied de la coulée dans la vallée de Nátthagi est un moment hors du temps.


En s’approchant au plus près (tout en restant prudents !), on réalise l’épaisseur de la coulée. Par endroits, la lave s’est empilée sur plusieurs mètres de haut, créant des sculptures naturelles. C’est un paysage en 3D qui semble encore vibrer de l’énergie de l’éruption.

Lorsque l’on se trouve au bord de la lave, le spectacle est saisissant et on se rend compte de la puissance de la nature. Rien que pour cela, l’Islande est vraiment magique.
Seltún : une palette de couleurs bouillonnante
Si vous voulez voir (et sentir !) la Terre respirer, c’est à Seltún que cela se passe. Situé dans la zone géothermique de Krýsuvík, ce site est l’un des plus visuels de la péninsule. En effet, la terre est teintée de jaune (soufre), de rouge (fer), de blanc (silice) et de vert, créant un contraste saisissant avec la roche volcanique environnante.




Un sentier de passerelles en bois serpente entre les marmites de boue grise qui glougloutent inlassablement. L’eau y sort du sol à près de 100°C, alors restez bien sur les chemins balisés !


Ne vous contentez pas du bas du site. Un petit sentier grimpe sur la colline adjacente. De là-haut, la vue sur les fumerolles avec, en arrière-plan, les montagnes sombres et l’océan au loin, est tout simplement époustouflante, surtout au lever de soleil.


Au-delà du spectacle visuel, préparez-vous à l’odeur caractéristique d’œuf pourri (le soufre) et au sifflement constant de la vapeur sous pression. C’est bruyant, ça sent fort, mais c’est une immersion totale dans la puissance géothermique du pays. Cela nous a encore rappelé notre voyage à Yellowstone avec nostalgie. L’Islande est vraiment un pays à part !
Grindavik : entre volcanisme et renouveau
Situé au sud de la péninsule, Grindavik est historiquement l’un des ports de pêche les plus actifs d’Islande. Cependant, depuis les éruptions volcaniques majeures de 2023 et 2024, le visage de la ville a changé. Si ses rues portent aujourd’hui les cicatrices de l’activité tectonique (fissures et barrières de protection), Grindavik reste un symbole de la résilience islandaise. Il y a d’ailleurs une exposition qui nous a fait réaliser la force brute du magma qui bouillonne sous la péninsule et les conséquences pour les habitants.


En raison de l’activité volcanique persistante, l’accès au centre du village peut être restreint ou réglementé.


L’ambiance de ce village est vraiment très étrange. On y ressent vraiment l’activité volcanique et ses conséquences. Alors, avant de vous y rendre, consultez le site safetravel.is pour connaître les zones autorisées et les consignes de sécurité en vigueur.
Le Blue Lagoon : la célèbre escale thermale
On ne le présente plus. Bien que très touristique, cette station thermale aux eaux bleu laiteux reste une expérience unique au monde, nichée au milieu d’un champ de lave noire.


Malheureusement, nous avons été déçu. Déjà, il y a des bus entiers de touristes qui se déversent à un rythme impressionnant. Donc attendez vous à partager les vestiaires avec de nombreuses personnes ! Par ailleurs, la vue n’est pas extraordinaire, forcément on ne voit pas l’océan ! Après l’expérience est sympa avec le masque pour le visage qui est inclu dans le prix et le verre offert. Si vous ne voulez pas payer le prix fort, réservez en ligne et choisissez votre créneau horaire. Toutefois, si vous ne devez choisir qu’une expérience de sources naturelles en Islande entre le Blue Lagoon et le Sky Lagoon, on vous recommande le Sky Lagoon à Reykjavik. Il y a moins de monde et la vue sur l’océan est incroyable.
Brimketill : une piscine naturelle
On poursuit notre visite de la péninsule de Péninsule de Reykjanes avec Brimketill. Cette formation rocheuse ressemble à une piscine naturelle sculptée au bord de l’océan, au pied de falaises de lave noire. Mais attention, malgré son nom de « pool » , ce n’est pas un endroit pour piquer une tête ! Le nom de cette formation signifie littéralement « le chaudron déchaîné ». La légende raconte qu’une géante nommée Oddný l’utilisait pour s’y baigner et laver son linge.

Une plateforme d’observation en bois surplombe cette piscine naturelle. Quand l’océan est agité, les vagues s’y engouffrent avec une puissance phénoménale.




Nous y étions en hiver et le spectacle était glacial mais magique !
La zone géothermique de Gunnuhver
Préparez vos narines, l’odeur de soufre est ici bien présente ! Gunnuhver abrite la plus grande source de boue bouillante d’Islande. Le site tire son nom de Guðrún (Gunna), un fantôme qui aurait semé la terreur dans la région il y a 400 ans. Selon la légende, un prêtre local aurait réussi à l’attirer dans la source bouillante grâce à une pelote de laine. On raconte que son esprit hante toujours les fumerolles… ce qui explique pourquoi la terre semble si agitée !


La vapeur y est si dense qu’on s’y perd parfois en traversant les pontons de bois. À Gunnuhver, la vapeur ne se contente pas de flotter, elle jaillit du sol avec une pression impressionnante. Par temps de vent, vous pouvez vous retrouver totalement immergé dans un nuage de vapeur dense et chaud en quelques secondes. D’ailleurs, contrairement à d’autres zones géothermiques en Islande, les eaux de Gunnuhver sont composées d’eau de mer infiltrée, ce qui crée des minéraux et des émanations uniques au monde. C’est une expérience vraiment inoubliable . Est ce que Kiki a eu peur de traverser ce ponton? Je le laisse raconter son expérience à la fin de l’article.


Par ailleurs, de l’autre coté de la passerelle, vous pouvez continuer jusqu’au phare de Reykjanesvíti, le plus ancien du pays.


En quelques minutes à pied, vous passez d’un enfer bouillonnant à une colline verdoyante surplombant l’océan. C’est ce contraste brutal qui rend ce coin de la péninsule si spécial.
Le Pont entre deux Continents (Miðlína) : un pied en Amérique, l’autre en Europe
S’il y a bien un endroit qui illustre parfaitement la géologie unique de l’Islande, c’est celui-ci. Le pont Miðlína enjambe une immense fissure de sable noir qui n’est autre que la dérive des plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne. En effet, en traversant ce petit pont métallique, vous franchissez symboliquement la dorsale médio-atlantique. Les plaques s’écartent ici d’environ 2 cm par an, étirant littéralement l’Islande et créant ces paysages de failles spectaculaires. Si vous ne savez pas ce qu’est une plaque tectonique, je vous invite à lire l’article sur la cote sud de l’Islande où Kiki vous donne une petite leçon de géothermie.


Le pont a été baptisé » Lucky Bridge » en l’honneur de l’explorateur Leif Erikson, le premier Européen à avoir posé le pied en Amérique du Nord. Une plaque à chaque extrémité vous indique sur quel continent vous vous trouvez officiellement.

Ne vous contentez pas de traverser ! Descendez dans la faille de sable noir en dessous du pont.

Marcher au fond de cette cicatrice terrestre, entouré de parois rocheuses sombres, donne une perspective fascinante sur les forces tectoniques à l’œuvre.
Garðskagi : le duel des phares
À la pointe extrême de la péninsule, là où les eaux de la baie de Faxaflói rencontrent l’Atlantique, se trouve le site de Garðskagi. Vous y trouverez deux phrares. Tout d’abord, le vieux phare (1897), construit si près de l’eau qu’il a fini par être menacé par l’érosion et les tempêtes. Cela a nécessité la construction de son successeur. Aujourd’hui, il sert souvent d’observatoire pour les oiseaux.

Ensuite, le nouveau phare (1944) avec ses 28 mètres de haut, c’est le plus grand phare d’Islande. Sa silhouette blanche et élancée domine tout le paysage. Par beau temps, il est parfois possible de monter au sommet pour admirer une vue à 360° qui s’étend jusqu’au glacier Snæfellsjökull, de l’autre côté de la baie.

C’est un paradis pour les ornithologues (on y voit des milliers d’oiseaux migrateurs) mais aussi pour observer les baleines et les dauphins qui s’approchent souvent très près de la rive.
Keflavik : bien plus qu’un simple aéroport
On termine cette visite de la péninsule de Reykjanes par Keflavik. Si la ville est mondialement connue pour son aéroport international, elle possède une identité propre qui mérite qu’on s’y arrête avant de rendre sa voiture de location et de prendre son vol retour.



Surnommée la « Beatle Town » d’Islande en raison de l’influence du rock ‘n’roll apporté par l’ancienne base américaine, c’est une petite ville portuaire pleine de charme. D’ailleurs, pour notre dernière soirée en Islande, on a adoré flâner sur son front de mer aménagé.




Vous pouvez aussi découvrir la célèbre « Grotte de la Géante » (Skessuhellir).




Il s’agit d’une attraction insolite qui ravira les enfants et les amateurs de folklore.
Combien de temps pour visiter la péninsule de Reykjanes en hiver ?
Bien que souvent réduite à une simple étape entre l’aéroport de Keflavik et Reykjavik, la péninsule de Reykjanes mérite que l’on s’y attarde bien plus qu’une heure ou deux. Pour une découverte des incontournables (comme le Pont entre deux continents, les sources chaudes de Gunnuhver) une demi-journée est un minimum. Toutefois, si vous souhaitez inclure une parenthèse relaxante au Blue Lagoon ou partir en randonnée vers les sites volcaniques, prévoyez une journée complète.

Nous sommes arrivés dans la péninsule de Reykjanes en début d’après-midi et nous y sommes restés toute la journée du lendemain. C’était la durée idéale pour prendre le temps de découvrir les sites en hiver.
L’état des routes sur la péninsule de Reykjanes en février
Circuler sur la péninsule de Reykjanes en plein hiver est une expérience en soi. Si les axes principaux, comme la route reliant l’aéroport de Keflavik à Reykjavik (la 41), sont généralement bien dégagés, les routes secondaires menant aux sites naturels peuvent être plus piégeuses. En février, attendez-vous à alterner entre asphalte mouillé, plaques de glace vive et congères formées par le vent souvent violent dans cette zone dégagée. Nous y étions mi février et nous avons eu de la chance, car nous n’avons pas eu de neige. Le vent était fort et glacial mais les conditions pour rouler étaient idéales.
Le conseil sécurité : Ne partez jamais sans avoir consulté le site officiel Road.is le matin même. Les conditions peuvent basculer en quelques minutes. Un véhicule équipé de pneus cloutés n’est pas seulement un confort ici, c’est une nécessité pour explorer sereinement les champs de lave et les côtes escarpées sous la neige.
Où dormir sur la péninsule de Reykjanes ?
Comme notre voyage en Islande était en février, nous n’avons pas voulu prendre de risque à vouloir trop en voir en une journée. Par conséquent, nous avons passé une nuit à Grindavik et une autre à Keflavik avant de prendre notre vol retour très tôt le matin. Cela nous a permis de profiter d’une dernière soirée calme au son des vagues… et de voir des aurores boréales ! Ce spectacle est absolument magique.

L’avis de Kiki sur sa visite de la péninsule de Reykjanes
Une comparaison avec la Lune – ou une planète étrangère – n’est en effet pas si farfelue dans certaines régions d’Islande. Mais comme vous le savez sûrement tous, en tant qu’astrologues amateurs, les lunes ne sont PAS des planètes, mais des satellites qui tournent autour de planètes (comme la Terre).
Mais revenons à l’Islande et à l’affirmation scandaleuse contenue dans l’article, selon laquelle Kiki aurait eu peur de traverser la vapeur dans la zone géothermique de Gunnuhver. L’eau de mer évaporée et infiltrée vous jaillit au visage comme une tempête de neige invisible. Par moments, vous ne voyez plus rien du tout tandis que vous traversez des sources bouillonnantes sur une passerelle en bois. Ce n’est donc pas le bon endroit pour faire un faux pas. Alors, mes chers amis, il ne s’agit pas ici de courage, mais de tout autre chose – car un principe guide toujours Sophie et Kiki dans leurs voyages : la sécurité avant tout ! Kiki est certes un aventurier, mais certainement pas un casse-cou. Voilà, maintenant l’histoire est à nouveau correcte.
La volonté de survivre en Islande est remarquable. Les habitants vivent au pied de volcans en ébullition, sachant que tout peut recommencer à tout moment. Alors que tout le monde se souvient de l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010, la dernière éruption à Grindavik remonte à moins d’un an. La lave dévore tout sur son passage. La route menant au Blue Lagoon ? Disparue. On construit donc sans hésiter une nouvelle route autour de la lave refroidie, ou mieux encore, par-dessus. La vie continue.

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